24.02.2009
Le procès
A l'heure qu'il est, ce ne sont que quelques notes prises devant le tribunal mais le comité de soutien proposera un texte pour résumer plus précisément ce qui s'est passé durant le procès de Sami.
L'avocat, brillant, a demandé évidemment la relaxe et a démonté point par point la vidéo présentée par les parties civiles. Surtout, il a insisté pour que d'éventuelles peines n'apparaissent pas dans le casier judiciaire de Sami
Le procureur a demandé deux mois de prison avec sursis et six cents euros d'amende.
Délibéré le mardi 10 mars à 8h30.
Reportage sans doute ce soir sur Nantes 7 et France 3 pays de la loire ( France 3 (à 3'17) Nantes 7 dès le début, France Bleu journal de 18h du 23) ;
Ce matin (23 02), article dans Presse-Océan
Sami Benmeziane est poursuivi pour avoir blessé un policier au doigt, après une altercation en juin 2008.
NANTES
Ce mercredi 11 juin 2008, Sami Benmeziane, 43 ans, était « en sandales » et « portait des lunettes de soleil sur le front ». Sa participation à la manifestation devait être éclair pour cause « d'enfant à récupérer ». En pleine fronde anti-Darcos, près de 400 enseignants et parents d'élèves avaient décidé d'investir les bâtiments de l'Inspection académique de Nantes. De l'avis de nombreux participants, l'ambiance était « bon enfant » et « l'occupation pacifique ». L'inspecteur d'académie de l'époque ne l'a pas entendu de cette oreille. Rapidement, les policiers ont reçu l'ordre de débarquer. « C'était paniquant, témoigne une institutrice de maternelle. On s'est retrouvé compressés dans un escalier, pris dans le flot de la bousculade. » « On était désemparé face à la tournure des événements, reprend Sami Benmeziane. Je me suis retrouvé face à un policier, j'ai crié : «Arrêtez, on est là pour défendre l'école». » Ensuite ? Une cohue éclair et confuse. Et à l'arrivée, un policier dont le doigt est cassé. Sami Benmeziane est interpellé sur-le-champ. Il est jugé ce lundi pour « rébellion » par le tribunal correctionnel de Nantes.
Film passé à la loupe
Toute l'accusation, ou presque, repose sur une vidéo réalisée par un des fonctionnaires de police. Le film sera projeté à l'audience. « Sur la bande, on voit très clairement l'instituteur aller au contact du policier » assurent, unanimes et sereins, les représentants des forces de l'ordre. Me Pierre-Henri Marteret, avocat de l'instituteur, conteste formellement cette vision. Pour lui, il n'existe aucun élément à charge à l'encontre de son client dans cette vidéo. « La scène en question dure une poignée de secondes, note-t-il. Ce que j'ai vu, c'est un policier qui s'avance vers M. Benmeziane, main levée, alors que ce dernier ne le regarde pas. Surpris, M. Benmeziane le repousse dans un geste réflexe. Franchement, n'importe qui aurait agi ainsi. » « Je n'ai ni frappé, ni insulté de policier, martèle depuis le premier jour Sami Benmeziane. La blessure relève de l'accident du travail. »
Un an de prison encouru
Cet après-midi, près d'un millier de personnes - enseignants, élus, parents d'élèves - sont attendus au palais de justice de Nantes pour soutenir l'instituteur.
« Ce qui arrive est démentiel, indiquait récemment Catherine Poquet, directrice de l'école publique Jules-Ferry, à Indre, où enseigne l'intéressé. Sami est tout sauf violent. C'est un bosseur, extrêmement gentil. » Sami Benmeziane encourt un an de prison et 15 000 € d'amende.
Yan Gauchard
et ce soir (23 02) on trouvait sur le site du journal
Dernière minute.
Sami Benméziane, 44 ans, comparaissait cet après-midi devant le tribunal correctionnel de Nantes pour rébellion lors d'une manifestation contre les réformes Darcos en juin 2008. Il était poursuivi pour avoir blessé au doigt un policier lors de l'évacuation des locaux de l'inspection d'académie.
Aujourd'hui, environ un millier de personnes proches du comité de soutien à l'instituteur d'Indre se sont réunies dès 13 h 30 devant le palais de justice.
L'audience a duré près de trois heures, au cours desquelles une vidéo de l'altercation entre l'instituteur et le policier a été diffusée.
Le procureur a requis à l'encontre de Sami Benméziane deux mois de prison avec sursis et 600 euros d'amende. L'avocat de l'instituteur, lui, a demandé la relaxe de son client. La présidente du tribunal a mis le jugement en délibéré au mardi 10 mars à 8 h 30.
Sur le site d'Ouest France (en plus des réquisitions)
14:22 - lundi 23 février 2009
700 à 800 manifestants devant le palais de justice de Nantes
Il s'était rebellé lors du mouvement anti-Darcos. Un policier avait eu un doigt fracturé. Sami Benmeziane était jugé hier pour rébellion, soutenu par 800 manifestants.
Le jour de la manifestation, enseignants et parents d'élèves opposés aux mesures Darcos ont rendez-vous à l'inspection académique. Une délégation est attendue. Profitant d'une porte ouverte, les manifestants s'engouffrent dans les locaux. Ils s'assoient, jouent de la musique. L'inspecteur d'académie refuse de recevoir la délégation dans ces conditions. Les forces de l'ordre sont réquisitionnées.
« L'évacuation se faisait dans la panique, s'est défendu hier Sami Benmeziane. Des gens sont descendus dans l'escalier, blêmes. J'ai voulu aller voir ce qu'il se passait. » L'enseignant monte au premier étage, est repoussé. Il se retrouve face à trois policiers. « Il était dans le noyau dur des manifestants, l'air agressif », souligne l'avocate du policier.
Climat de confusion
Les images montrent qu'une main est portée au visage de Sami Benmeziane, par un policier. « Vous avez reçu une claque ? » questionne la présidente. Il ne sait que répondre. Mais ce dont il se souvient, en revanche, c'est d'avoir eu le tee-shirt arraché par ce même policier. C'est là qu'il lui a saisi la main. Le fonctionnaire de police recule, signale à son supérieur qu'il est blessé. Il désigne « l'homme au tee-shirt rouge », « très énervé ». Sami sera interpellé, et on connaît la suite. Fracture de l'auriculaire et 206 jours d'incapacité temporaire totale.
Dans ses réquisitions, le procureur a souligné que l'acte de rébellion sur une personne chargée de l'autorité publique était caractérisé. « Le fonctionnaire s'est retrouvé face à un individu énervé qui s'est débattu. Il s'en est suivi une blessure, indique Ivan Auriel. C'est ce que nous avons à juger aujourd'hui. Pas les violences policières. »
De son côté, l'avocat de la défense a plaidé la relaxe, arguant du « climat de confusion » et la vidéo qui ne suffit pas à établir les faits. « L'usage de la force n'était ni proportionné ni nécessaire. Les enseignants n'étaient pas là pour en découdre. » Me Pierre-Henri Marteret dénonce le coup porté à Sami Benmeziane, estimant que celui-ci « n'a aucune justification. Et la volonté de mettre un frein au mouvement dans un département très mobilisé. » Le jugement sera rendu le 10 mars.
Doigt cassé et versions opposées

Sami Benmeziane, ici avant le début de son procès. Photo : Arnaud Jaffré
Un instituteur d'Indre comparaissait pour rébellion lors d'une manifestation anti-Darcos. La vidéo diffusée pendant l'audience a donné lieu à des interprétations très divergentes. Jugement le 10 mars.
NANTES
Des gestes très violents », « des gens apeurés », « un phénomène de panique », « une confusion énorme »... Les témoins défilent à la barre du tribunal correctionnel de Nantes. Le 11 juin 2008, ils « occupaient pacifiquement » les locaux de l'inspection académique de Nantes pour manifester leur opposition au projet de réforme de Xavier Darcos, ministre de l'Éducation nationale. Comme les 500 autres enseignants et parents d'élèves présents ce jour-là, ils ont assisté à l'intervention des policiers pour faire évacuer le bâtiment, sur réquisition préfectorale. Ils retiennent tous de cette scène un fort sentiment de brutalité.
Mais aucun n'a pu discerner avec précision les gestes pour lesquels Sami Benmeziane, 44 ans, comparaissait hier pour rébellion. L'instituteur d'Indre était poursuivi pour avoir blessé au doigt un policier.
Hier, il s'est dit « ulcéré et scandalisé par la violence de l'évacuation ». Il a tout de même reconnu être « énervé » au moment des faits et « ne pas avoir facilité la tâche des policiers ». Il « regrette la blessure du fonctionnaire » et assure « avoir saisi sa main lors d'un geste réflexe ».
Une version en totale contradiction avec celle du fonctionnaire. Présent sur le banc des parties civiles dans sa tenue marine de CRS, il a raconté hier avec assurance et gestes à l'appui comment « monsieur Benmeziane m'a pris la main et m'a tordu le doigt une fois vers le haut, une fois vers le bas ». Bilan : double fracture de l'auriculaire et déjà 206 jours d'ITT.
Une vidéo de l'altercation réalisée par un policier a été diffusée pendant l'audience. Chaque camp y a vu ce qu'il voulait bien y voir.
L'avocate du policier, Me Annie Huppé y a distingué « un homme déterminé, prêt à en découdre », avec « une attitude extrêmement agressive ». « Il empoigne la main pour faire mal », assène-t-elle à propos de Sami Benméziane.
« Où sont les violences policières ? »
Me Pierre-Henri Marteret, le défenseur de l'instituteur, lui, y a décelé « un usage de la force publique sans nécessité et disproportionné ». « On ne peut pas être certain que c'est monsieur Benmeziane qui lui blesse la main », insiste-t-il. Il a demandé la relaxe de son client.
Enfin, le procureur Yvan Auriel a distingué « un individu énervé qui s'est débattu ». « Il y a un climat de tension, mais où sont les violences policières ? », s'interroge-t-il avant de requérir deux mois de prison avec sursis et 600 euros d'amende à l'encontre de l'instituteur. Le jugement sera rendu le mardi 10 mars.
Jérôme Jolivet
07:35 Publié dans temps forts | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note