23.02.2009

Appel et revue de presse

Le comité de soutien appelle tous les adhérents , toutes les associations, les syndicats et les partis à venir très nombreux au

rassemblement devant le tribunal de Nantes
lundi 23 février à 13H30

(et toujours pétition (1856 signatures en ligne) au jour J et à moins 13 h du procès)


Dans la presse et à la télévision

 

Relaxe pour Sami Benméziane

 

Pour rappel, Sami Benméziane, professeur des écoles, a été interpellé lors de l’occupation pacifique de l’Inspection Académique de Loire Atlantique en juin 2008 (voir l’Émancipation n°1, sept. 2008). Il passera au tribunal le 23 février 2008. Un comité de soutien s’est constitué.

 

Le 11 juin 2008 une délégation intersyndicale et FCPE devait être reçue par l’Inspecteur d’Académie. Environ 400 personnes occupent symboliquement et pacifiquement les locaux. Elles ne demandent qu’une seule chose : être enfin entendues. Mais très rapidement les forces de l’ordre font brutalement évacuer les locaux. Au moment où se négocient le départ des locaux des forces de l’ordre puis des manifestants et une intervention publique de l’Inspecteur d’Académie, Sami Benméziane est brutalement interpellé, menotté et emmené à l’Hôtel de police.

 

Après son interpellation, Sami apprend qu'il est accusé d'avoir volontairement occasionné à un

agent une blessure à un doigt nécessitant une interruption temporaire de travail.

A l’issue de la garde à vue le procureur ne retient pas les accusations de coups et blessures. Sami est néanmoins convoqué au tribunal le 23 février 2009 pour avoir “résisté avec violence à un agent de la force publique”. Aujourd’hui il risque un an d’emprisonnement, 15 000 € d’amende et sa carrière d’enseignant.

 

En attendant le procès

 

Dans l’attente du jugement de février, le comité de soutien ne relâche pas ses actions. Le comité, constitué en association loi 1901, a organisé le mercredi 8 octobre une conférence de presse à la Mairie d’Indre. Cette conférence de presse a réuni soixante adhérentEs du comité, diverses organisations ainsi que le Maire d’Indre, qui soutient Sami, et qui par ailleurs a refusé la mise en place du service minimum lors de la grève du 07/10/08. Présent lors de cette conférence, l’avocat de Sami rappelle qu’il n’a toujours pas accès à son dossier :  « Les délais pour le transfert du dossier entre le commissariat et le palais de justice sont toujours très longs dans notre pays, le cas de Sami n'est pas une exception, il est très difficile en France d'avoir un accès rapide au dossier, contrairement à d'autres pays. Par conséquent il est très compliqué de préparer la défense… ».

Pour le comité, il s’agit de rappeler que d'ici le 23/02/09 le soutien ne faiblira pas. Le sentiment général demeure que ce jour là c'est Sami qui fut interpellé mais que cela aurait pu être n'importe quelle personne présente. La solidarité autour de lui se construit d'abord sur ce sentiment d'arbitraire et de nombreux témoignages ont été collectés et seront versés au dossier de la défense de l'avocat : ils attestent tous que la police est intervenue brutalement contre les parents et enseignants.

 

L’action citoyenne ne doit pas être un délit

 

Le comité de soutien est fort aujourd'hui d’environ 450 adhésions individuelles, ainsi que de celles de la municipalité d'Indre, de nombreux syndicats, partis politiques et associations au-delà des strictes frontières de la Loire-Atlantique. Le comité continue à faire connaître la situation de Sami et recueillir le soutien de la population et des élus tant au niveau local que national. Il s'agit en premier lieu d'obtenir la relaxe de Sami le 23 février prochain. L'une des missions du comité est également de récolter des fonds afin de pourvoir aux frais liés au procès. La pétition a recueilli 21 000 signatures dont 4 500 lors de la manifestation du 19 octobre à Paris, parmi lesquelles figurent des personnalités. Il est indispensable de la diffuser et de la faire signer massivement. La pétition est en ligne sur le blog.

 

Diverses actions sont prévues dont des temps forts : une campagne d’action vers le grand public le 8 novembre, film et débat, meeting et concert, dans le cadre d’une semaine d’actions en janvier 2009. Un blog est consultable pour suivre l'actualité de cette affaire.

La mise en examen de Sami est un symbole de la volonté du gouvernement de criminaliser le mouvement social. Le comité revendique que « L'action citoyenne ne doit pas être un délit ».

 

mail : comitedesoutiensami@orange.fr

blog : http://comitedesoutiensami.hautetfort.com/

http://www.cafepedagogique.net

 

Parue dans la revue L’Emancipation syndicale et pédagogique » Novembre 2008

 

Groupe départemental Emancipation 44.

 

L'Huma (10/02)

« Les policiers avaient besoin de faire un exemple »

Éducation . Mobilisation intense en Loire-Atlantique autour du cas symbolique d’un instituteur, accusé de rébellion lors d’une manifestation.

« Je ne suis pas du genre à me mettre en avant… » Et pourtant, ces derniers mois, Sami Benméziane, quarante-trois ans, est devenu presque un symbole. Celui de la criminalisation outrancière des mouvements sociaux. Accusé d’avoir blessé au doigt un policier lors de l’évacuation, en juin dernier, de l’inspection académique de Nantes, ce professeur des écoles, militant FSU, doit passer devant le tribunal correctionnel le 23 février prochain. Il risque un an de prison, 15 000 euros d’amende et de perdre son emploi.

La perspective a provoqué un émoi exceptionnel. Chez ses proches et collègues enseignants. Mais aussi dans toute la commune de Basse-Indre (Loire-Atlantique) où Sami Benméziane enseigne en CP, ainsi qu’auprès des syndicats et des élus du département. Une pétition en sa faveur a réuni près de 27 500 signatures. Et plus de 1 500 personnes se sont bousculées au « concert-meeting » organisé le 31 janvier par son comité de soutien. « Cette mobilisation formidable est une aide précieuse, se réjouit Sami. Les gens se sentent concernés, ils comprennent que mon histoire peut arriver à n’importe qui. »

Son histoire ? Quelques secondes de brutalité et de confusion. Ce 11 juin 2008, une intersyndicale doit rencontrer l’inspecteur d’académie pour lui signifier son refus d’appliquer l’aide personnalisée, une des mesures phares de la réforme Darcos. Quelque 500 enseignants ont fait le déplacement et se retrouvent dans les locaux de l’inspection. « Nous occupions les lieux pacifiquement », assure Sami. Un quart d’heure plus tard, les CRS débarquent et entreprennent d’évacuer tout le monde sans ménagement. « Ils voulaient aller très vite, ils étaient agressifs et poussaient les gens », témoigne Pascal Auger, président du comité de soutien.

Sami se retrouve face aux policiers. « Je leur ai crié d’arrêtez, que l’on était juste là pour défendre l’école. » Deux pandores jettent leur dévolu sur lui. Après une courte cohue, le voilà menotté et embarqué au commissariat, accusé - en sus - d’avoir « cassé » un doigt à l’un des policiers. « J’ai eu des gestes défensifs mais à aucun moment je ne les ai frappés ou même insultés, jure Sami. Si un policier s’est cassé le doigt, cela relève de l’accident du travail, pas d’une agression ! »

En garde à vue, les policiers brandissent une vidéo de l’interpellation, accablante, selon eux, pour Sami. « Il y a quinze jours, nous avons enfin pu la visionner, explique Pascal Auger. On n’y voit rien de condamnable, si ce n’est que Sami se prend une claque et met la main sur un bras policier pour se protéger… » Plusieurs plaintes pour brutalités seront d’ailleurs déposées contre les forces de l’ordre. Le procureur de la République, lui, requalifiera rapidement les faits de « violences volontaires » en « rébellion et résistance violente à un agent de la force publique ».

Pour le comité de soutien, cela ne fait pas de doute : « Les policiers avaient besoin de faire un exemple, c’est tombé sur Sami, souligne encore Pascal Auger. Leur but principal est de faire peur aux gens pour les dissuader de manifester. » Plutôt raté : le 23 février, jour du procès, un appel à la grève a été lancé dans tout le département…

Laurent Mouloud

 

Mais aussi sur Nantes 7 : http://www.nantes7.fr/emission/le-7-minutes-2429/ (à partir de 1'31)